Avec la fin de l'enfermement des malades mentaux, l'actualité met sur le devant de
la scène la question de l'accueil que le public leur réserve. Le récit et l'analyse de
l'histoire d'une communauté, au sein de laquelle des malades mentaux vivent
librement depuis le début du siècle, éclairent cette face mal connue du rapport
social à la folie, mettant en évidence les représentations qui le sous-tendent ou en
découlent.
À travers un cas, unique en France, de coudoiement quotidien avec le monde de la
folie, se dévoilent, en marge du savoir savant, toute une sagesse, toute une
psychologie. Mais aussi les peurs que mobilisent la proximité et le contact avec
cette figure de l'altérité qu'est le fou. Quoi d'étonnant, alors, de découvrir, dans les
procédures matérielles, cognitives et symboliques mises en place par une
collectivité qui se croit aux prises avec un danger venu du dedans, les couleurs du
racisme, jusque dans cette croyance en la contagion de la folie par certains liquides
du corps dont l'écho se retrouve à propos du Sida.


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