Nous avons consacré toute l'année dernière au problème initial de la
sociologie. Avant d'aller plus avant, il était en effet nécessaire de savoir quels
sont les liens qui unissent les hommes entre eux, c'est-à-dire ce qui détermine
la formation d'agrégats sociaux. C'est ce que nous nous sommes demandé.
Pour résoudre cette question, la psychologie ne pouvait suffire ; car il était
vraisemblable déjà par avance qu'il y a des espèces différentes de solidarité
sociale comme il y a des espèces de sociétés. Il était donc nécessaire de procé-
der à une classification de ces dernières. Si dans l'état actuel des renseignements
dont nous disposons une classification complète et détaillée ne pouvait
être qu'arbitraire, comme l'ont démontré toutes les tentatives de ce genre, du
moins il nous a été possible de constituer avec certitude deux grands types
sociaux dont toutes les sociétés passées et présentes ne sont que des variétés.
Nous avons distingué d'une part les sociétés inorganisées ou, comme nous
avons dit, amorphes qui s'échelonnent de la horde de consanguins à la cité, et
de l'autre, les États proprement dits qui commencent à la cité pour finir aux
grandes nations contemporaines. Puis l'analyse de ces deux types sociaux
nous a fait découvrir deux formes très différentes de solidarité sociale, l'une
qui est due à la similarité des consciences, à la communauté des idées et des
sentiments, l'autre qui est au contraire un produit de la différenciation des
fonctions et de la division du travail. Sous l'effet de la première, les esprits .......


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